Une philosophie "durable"

Le moindre aspect de ce projet vise à un impact positif en termes d’avenir durable, sur les différents plans que sont la préservation de l’environnement, le développement d’une économie éthique, la promotion de la mobilité douce, une organisation sociale égalitaire et solidaire, le renforcement des liens sociaux, le développement personnel de chacun, la conservation de notre patrimoine, l’accès à la culture, la mise en valeur de la ruralité, etc.

L’idée même du projet n’a pas été déterminée par une nécessité personnelle mais par la volonté d’œuvrer davantage dans l’intérêt collectif, pour répondre aux besoins les plus pressants d’aujourd’hui et participer - modestement - à l’instauration d’un autre futur.

De la rénovation au choix des fournisseurs, du mode de gouvernance aux choix des produits offerts, tout a été pensé pour répondre de façon cohérente aux valeurs d’une société durable et pour servir d’exemple.

Nous devons d’ailleurs reconnaître lucidement que les plus grands risques de cette entreprise sont constitués par ce parti-pris : le choix de recruter d’abord parmi les personnes plus éloignées de l’emploi, de partager les responsabilités, de réduire les marges bénéficiaires pour assumer le compromis entre produits de qualité éthique et clientèle pour une partie à faible revenus, de limiter la gamme de produits en fonction de critères de « santé », etc. nous place dans une position forcément moins confortable qu’en l’absence de tout critère éthique.

Nous faisons le pari que les compétences que nous mettrons en œuvre (qualité de l’accueil et de la cuisine, créativité, beauté des choses, etc.) nous permettrons de convaincre les clients. La métacommunication sur la justification de nos choix pourra alors prendre tout son sens (nous sommes conscients qu’il faudra que nos services offrent d’abord du plaisir immédiat à nos clients avant qu’ils puissent apprécier le plaisir de l’impact - différé -des choix qui ont présidé à leur mise en oeuvre).

Recap activites

 

 

La philosophie qui a soutenu l'élaboratioin du Projet NOW et l'imagination de son mode de fonctionnement s'inscrit pleinement dans la lignée des véritables coopératives à finalités sociales.

Une étude menée par la fédération SAW-B, sous forme de récits co-construits, auprès des travailleurs de 3 de ces entreprises encore rares en Belgique (Nos PiIlifs, Forma et Cherbai) soulignent les spécificités, moteurs de changement sociétal, dans lesquelles Projet NOW se reconnaît pleinement et qui constituent nos objectifs :

" Parmi les valeurs retravaillées par ces entreprises sociales se trouve particulièrement celle du travail. Ces entreprises illustrent diverses manières d’adapter le travail à la personne et pas l’inverse. Ou encore diverses manières dont travailleur et travail s’adaptent et se nouent mutuellement de sorte que
les personnes ne soient ni esclaves ni blessées par leur travail. Le travail est humain parce qu’il reste avant tout une activité au sens plein du terme, une
activité qui a un sens pour celui et celle qui la mène et qui a aussi une finalité au-delà de la personne. Ce que ces entreprises donnent à voir c’est que le
travailleur et son activité font système, et que ce système est harmonieux en même temps que source d’harmonies. Une question surgit alors : pourquoi
cela ne pourrait-il être fait partout, quel que soit le genre de métier, dans toute entreprise ? Se désaliéner du travail, désormais si souvent réduit à
un emploi (compris comme un droit d’accès au marché et à la consommation) et donc désaliéner le travail de la seule finalité du profit apparaît comme
une première étape pour sortir du capitalisme. Tant que l’activité humaine restera prisonnière du profit approprié par quelques-uns comme ultime horizon,
le capitalisme règnera en maître absolu.


La question du pouvoir est posée différemment dans ces entreprises. On y trouve une construction permanente de ce qui est commun. Les entreprises
qui ont co-produit les récits illustrent de nouvelles formes d’organisation du travail collectif. Elles incarnent, chacune à leur façon, le souci de lier la perspective
de travailler autrement, pour d’autres valeurs et au service d’autres finalités, avec celle de gérer autrement son organisation.


Envisageant qu’il est probablement nécessaire de réinventer notre société dans tous les domaines, tant dans les sphères privée que publique ou professionnelle,
il faut remarquer que certaines des entreprises ont réussi à déployer une approche assez systémique, par exemple à Nos Pilifs en travaillant à la fois la question du handicap et celle de l’environnement."                                          

(extrait de "...Et qu'est-ce que ça change ? Récits de l'économie sociale. ", 2014, SAW-B et Intermondes)